Steppe - Goulven Le Bahers
        
Steppe
Des monts de l’Oural à la mer de Corée, s’étend une vaste plaine où les vents, parfois glaciaux, parfois torrides, s’affrontent et laissent à peine le temps à un maigre couvert herbeux de pousser. Sur ces immenses steppes, le blé se cultive difficilement, à moins qu’un Etat Soviétique ne le subventionne à perte. Pour y vivre, la manière la plus sûre est encore d’élever son bétail. Mais il faut qu’il soit rustique et il faut se déplacer plusieurs fois dans l’année pour aller vers là où l’herbe pousse et où le blizzard n’emportera pas tout le troupeau. Les mouvements nomades, entre pâturages d’hiver et parcours d’été, ont perduré depuis des siècles jusqu’à la période soviétique. Les républiques communistes ont, au mieux, adapté le nomadisme à la collectivisation (Mongolie) ou, au pire, forcé les nomades à se sédentariser entrainant des famines sans précédent (République Soviétique du Kazakhstan). L’économie planifiée a créé de nouvelles activités, la population n’est plus restée exclusivement éleveuse et les villes ont germé dans la steppe.
A la chute du bloc communiste, l’Etat n’a plus assuré les milliers d’emplois qu’il soutenait et l’économie s’est effondrée. Une partie de la population a alors quitté les barres d’immeubles des villes pour revenir dans la steppe et assurer leur subsistance avec quelques têtes de bétail. Au Kazakhstan, certaines familles ont repris leurs yourtes durant quelques périodes de l’année pour partir vers de meilleures pâtures car l’approvisionnement en fourrage de l’Etat s’est arrêté. La pression sur les pâturages a augmenté et les pertes sur le bétail, moins bien nourri et plus sensible aux hivers rigoureux, ont été, certaines années, catastrophiques.
Vivre dans la steppe est une question d’adaptation constante au milieu naturel toujours changeant. Mais l’adaptation à une économie de marché mondialisée après 80 années de communisme clos est autrement plus difficile. Voilà maintenant 20 ans que cette transition a lieu, lente et incertaine. Le rêve occidental est dans toutes les têtes mais il est loin d’être encore palpable.

Les images ont été prise lors de voyages au Kazakhstan et en Mongolie en 2003 et 2005. Le carnet photographié correspond au voyage au Kazakhstan.
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